C’est parfois difficile
De regarder la vérité en face
Pour se débarrasser
De ses souvenirs qui le rongent
Il passe l’éponge
Allez vas-y frotte, frotte
Sur le tableau de sa mémoire
Il laisse de longues traces noires
Son cerveau devient un parking
Qui aurait subi moult dérapage
Un part ici et un autre part là
Maintenant, ça déborde
Il y en a de partout
Et ça l’énerve,
Le noir ce maudit noir
Il ne peut plus en voir
Arrêter, arrêter,
Même son voisin est noir
Français il twist l’Afrique
Américain il a danser sur les amérindiens
Pour gagner du fric
On tombe toujours d’accord
En route pour le triangle d’or
Encore, encore
En Australie les aborigènes
L’Inde, le Vietnam
C’est comme ça
Que les enfants vont à la guerre
De retour ils font des chérubins,
Qu’est ce qu’ils vont pouvoir leur raconter ?
Du noir, du noir
Arrêter, arrêter,
Il a des envies de meurtres
Mais sa bonne conscience le lui interdit
Il en parle à son curé
Qui bien sûr va lui pardonner
Lui aussi passe l’éponge
Allez vas-y frotte, frotte
Nettoie le modernisme
Suit ton drapeau en forme de croix
Et ton impérialisme
Deviendra un capitalisme barbare
Arrêter, arrêter,
Il y a trop de « isme » dans cette histoire
Sa fortune, elle vient du sang
Il a une dette a payé
Six siècles d’invasion
La facture est salée
Descendant de conquistador,
Fils de bourreau,
Il a suivi les ordres
Il a honte de ses victimes
Il digère mal son XVe siècle
Alors son XXIe, je ne te raconte pas
Il ne peut plus l’inventer
Plus l’humanité vieillit
Plus son trou noir est grand
Alzheimer lui a tout pris
Et comble du comble
Quand un ami vient à mourir
Il va lui dire au revoir
Et c’est encore en noir
Arrêter, arrêter,
Même son voisin est noir