lundi 15 mai 2006, par émokaré
Avant pour moi, les filles c’était comme une surprise-party Dès que j’allais les voir, surprise ! elles étaient toutes parties Au lycée on m’appellait le monstre de l’acnée, une loque qu’on laisse seul à la récré, c’était comme un décret, bref, je n’étais qu’un déchet Et moi j’imaginais l’amour plein de mots, de sons Je pensais que c’était plein d’émotion Moi aussi je voulais mordre à l’hameçon Après mille vissicitudes et 2-3 histoires de cul bidons Je fûs soudainement touché par la flèche de Cupidon Et là, je vous dis pas ! Je fûs investi d’une mission qui ne rimait pas Avec les missions d’intérim d’autrefois Ca m’a travaillé de l’intérieur, enfin je n’étais pas la que pour la déco Elle, elle était plutôt du genre conductrice de travaux Tout est allé très vite, en 2-4 on s’est mis à faire les 3-8 J’ai rien entrav’ et comme je faisais tout de travers Elle s’est mise à faire dans mon coeur des travaux d’aménagement Souvent au marteau-pique-coeur et sans ménagement Elle a aussi réveillé tous mes lapsus révélateurs Directement relié à mon chariot élévateur J’ai découvert en moi le terrible prédateur Il s’appelle FENWIK le fennec J’en détiens les droits d’hauteur Elle a transformé mes rimes de précarité en beurre de karité Mes prises de bec en proses des sables Autrefois à sec et là, intarissables Elle était le coeur de mon sujet, mon amour incontionnel On conjuguait la vie au plus-que-parfait c’était sensationnel Moi je pensais CDI et pas CDD, mais voilà, seul le contrat d’apprentissage je possédais Et après moult saisons, les roses ont pris la poussière L’érosion fît le reste en vitesse de croisière On alternait entre illusion de l’amour et amour de l’illusion On s’est dit aurevoir un soir en éteignant la télévision Et comme j’ai le cul bordé de nouilles, pour moi depuis c’est merveille sur merveille Il faut croire que quand une télé s’éteint, un ^tre s’éveille
Alors à tous ces poissons dans l’eau à la recherche de l’hameçon Sachez messieurs qu’en effet l’amour c’est un tourbillon d’émotion C’est comme un slam dans l’océan de la passion Mais voilà, on n’est pas des poissons mais des hommes Et pour se sentir en vie Un homme a besoin de ses deux mains pour caresser la vie