FENETRES
Derrière ces fenêtres allumées
Un peu partout dans la cité
Je r’garde et je m’fais mon ciné.
J’imagine ce qu’il y a derrière
Toutes ces lumières.
C’est la frangine qui n’a pas d’thune
Mais regarde la roue d’la fortune
Qui trouve ça con mais qu’en r’demande
Même si elle sait que dans la bande,
On s’fout d’sa gueule à cause de ça.
Elle rêve quand même, on ne sait pas
Peut être que demain elle s‘ra riche
Et sinon, tant pis, elle s‘en fiche
Elle aura toujours eu du rêve.
Quand, dans la vie, c’est marche ou crève
C’est mieux que rien.
C’est la vieille mamie qu’entend rien
Qui met sa télé à gueuler
Ce qui fait hurler le voisin
Tu sais, le vieux con qu’a un chien
Qui aboie tout l’temps, jour et nuit.
Mais elle s’en fout la vieille mamie
Il peut gueuler, elle l’entend pas
Alors, ça ne la dérange pas.
Mais les voisins, eux, ils d’viennent dingues
Parce qu’avec tout ce bastringue,
Entre le clebs et la télé,
Ils ne s’entendent même plus ronfler.
Pour cause, ils ne peuvent plus dormir
Avec ce chahut, ce délire.
Et puis y a l’aut’ qui fait d’la zike
Très cool. Son truc c’est « pas d’panique »
L’problème c’est qu’il joue du saxo
Et par d’ssus l’marché il joue faux.
Ah, il y va d’bon cœur le gars !
Il s’époumone, faut entendre ça
Mais quand t’habites juste à côté,
Le saxo, tu peux plus l’blairer.
Une chance, d’un côté y a Janie
Tu sais, la sourde, la vieille mamie
L’problème c’est que d’l’aut y a moi
Et que , sourd, moi, je n’le suis pas.
Alors moi, pendant ce temps là,
Je mets mon casque sur mes oreilles
Ainsi je n’entends plus la vieille
Ni l’voisin qui gueule, ni son chien
Ni l’saxo. Je n’entends plus rien,
Que la musique que j’adore
Les Beattles, Muse et puis les Door.
Et je regarde par la fenêtre
Le soir, toutes les lumières naître