Hé déconne pas mec, dis quelque chose, regarde moi mec,
Ça fait deux minutes que je te secoue,
T’appelant par ton nom, tenant ton pou,
Allez réagit, tourne toi au moins, t’es dos à la Mecque.
T’abuses sérieux, tout le monde me regarde là,
J’entends déjà les commentaires d’une bavure fasciste,
Arrête de regarder le sol, ça sert à rien, regarde hallah
Bouge, fais quelque chose si tu veux pas que j’t’assiste.
Pourquoi tu fais rien ? Gémis, pleure, hurle, bave,
Qu’est ce que tu espérais là haut ? Toucher Dieu ?
T’à l’air bien con maintenant que tu t’es marave,
Ravale ce sang souillé par le bitume, tu vaux mieux.
Au fait, moi c’est Cédric, et toi ? Et toi ? Malpoli va,
Fais faire boum boum à ton cœur à nouveau s’il te plait,
On m’a appelé pour te rencontrer et toi tu t’en vas…
Forcément, du huitième à ici, ça forme des plaies.
Hé déconne pas mec, tu peux mourir mais pas maintenant,
Pas devant moi, pas pendant mon taf’, allez t’es pas mort,
Pense à moi au moins, je ne t’oublierai jamais dans ton sang,
Tu peux pas me laisser cette image, je suis pas croque-mort.
Je fais ce métier pour t’éviter ça et toi tu sautes quand même,
Je veux pas t’avoir connu dans ces circonstances négro,
Allez lève toi, t’as l’air costaud, pense à ceux qui t’aiment,
Je peux pas dire "enchanté de te connaitre" alors ciao.
Hé tu sais, je suis amoureux d’un ravissante créature,
C’est bien compliqué, on est pas ensemble mais j’en suis fou,
Et toi t’es amoureux ? T’as quelqu’un ? Même pas un futur ?
Je suis sure que oui, t’es plutôt beau gosse et prof de kunfu.
Déconne pas mec, je veux pas rencontrer ta famille en fonction,
Je suis sûre qu’on s’entendrait pas tout de suite en plus,
Imagine le tableau, un flic annonçant la mort du fils sur un bus,
Allez tiens bon, tous les problèmes ont une solutions.
Qu’est ce que tu fais dans ce sac ? T’as pas honte man ?
Sors de là, on va boire un verre, t’as rien contre les bleus au moins ?
Mon boulot c’est de faire que tu sois en sécurité du métro à ton bain,
Pas de ramasser les morceaux, traumatisé à vie par un faux superman.
Ce soir je vais rentrer chez moi, parler de toi, rêver de toi sans cesse,
Penser à toi et à ta famille, et toi, lâche que tu es, t’as sauté, bel ange,
Je vais regretter ce boulot de dévouement morbide, je me confesse
J’aurais tant aimé qu’on s’ignore encore,bien vivant, que rien ne change.