Je suis à bord du train,
Installé sur la banquette,
Le nez contre la fenêtre,
Je me perds dans le lointain.
Ca fait du bien de vaciller,
Entre ici et ailleurs,
Comme sur une corde un jongleur,
Qui s’enivre du vide sans jamais tomber,
Et je flâne, et je flâne,
Et je flirte avec le paysage,
Comme avec une gente dame,
A qui l’on rend un bel hommage,
Et je nage et puis frissonne,
En découvrant un ciel qui tonne,
Tonne !! Tonne !!!
Pour des éclairs qui papillonnent.
Alors submergé par un flot de pensées,
Je me dis que je me sens bien,
Serein et à l’écoute de la pluie,
Que j’aime tant lorsque je suis à l’abri ;
Le bruit que font les gouttes sur la vitre m’hypnotise,
Et le souffle aigue du vent me paralyse,
Un bien-être que je ne saurais traduire,
Mais il est pour mon esprit comme une gourmandise ;
Il attise tous mes sens et me met en transe,
C’est la sensation qui protège dans l’errance,
Pour mon plus grand plaisir et ma plus grande chance.
« Heureuse errance »