Humains ?
Qu’ont-ils d’humains, ceux là ?
Vraiment, je ne sais pas.
Et puis d’abord , c’est quoi
Etre humain, tout est là ?
Est-ce avoir l’air humain ?
C’est-à-dire trois fois rien
Un sourire , un chagrin
Quelque chose qui fait voir,
Espoir ou désespoir
Qu’on partage, qu’on comprend
Ce que l’autre ressent
Ce que l’autre vous dit
Et qu’on s’exprime aussi
Qu’on rit, qu’on pleure
Ou qu’on ait peur,
On sait profiter de la vie
On peut apprécier cette vie.
Mais tous ceux là que l’on amène
A la piscine et que l’on traîne
Comme des paquets, comme des fardeaux
Ce n’ sont pas des paquets cadeaux.
Ils s’ mettent des baffes, ils hurlent et bavent
On dirait plutôt des épaves
Echouées là, on n’ sait comment
Sont ils débiles, sont ils déments ?
Allez savoir, pas évident
C’est un spectacle désolant
Certains semblent être heureux dans l’eau
Mais pour d’autres, on ne sait pas trop
Que ressentent ils vraiment ?
Ont-ils peurs ou sont ils contents ?
Ils sont dans une telle détresse
Rien que de les voir, ça me stresse.
Dans leurs cris, leurs grimaces immondes
On lit toute la misère du monde.
Je les comprends moins que mes chats
Ils sont plus laids, ils sont plus las
On se demande ce qu’ils font là
Et d’ailleurs , sont ils vraiment là ?
Beaucoup sont dans un autre ailleurs
Où, apparemment ils ont peur
Leurs cris d’angoisse et de terreur
M’effrayent et me fendent le coeur.
Quand on les connaît mieux, on voit
Que très souvent ils ne sont pas
Aussi insensibles qu’on croit
Et qu’ils ressentent et peine et joie
Mais ce n’est pas toujours le cas
Et pour certains on ne sait pas
Comment on peut communiquer
Avec eux, comment les toucher
Sans qu’ils prennent peur et se sauvent
Plus craintifs que des bêtes fauves
Aussi imprévisibles qu’elles
Pouvant aussi être cruels
Sans le vouloir, inconsciemment
Quand on a peur on se défend.
Qu’ont-ils d’humain ceux là
Je ne sais toujours pas
Parfois une lueur
Ou un peu de bonheur
Et parfois on n’ voit pas
Et on ne comprend pas
Ce qu’ils font ici bas
Seulement ils sont là
Alors faut les aider
A pouvoir supporter
Le fardeau qu’est le leur
Avec tout notre coeur.