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L’Odyssée du galet

jeudi 13 novembre 2008, par L’ami Zantrop


L’Odyssée du galet

Tout le monde a connu le terrible moment Où ne faisant à l’é cole, que passer le temps Une personne bien, attentionnée vous dit : « Toi, tu finiras sur le pavé, si ce n’est gars laid, déjà fait ! » Ce nez gars laid…à quoi pensait elle ? Parlait- elle du nez ? Voulait elle aider ce gars ? Faisait-elle allusion à la beauté cachée des gars laids ? C’est égal et, si elle et toi l’aidez, lassés, Ce gars, ce gars, ce gars l’est aussi : lassé ! Ce n’est qu’un gars laid tu vas m’dire Qu’un galet, qu’un galet, Mais un galet c’est parfait :

Depuis des millénaires, il s’use et s’enserre dans le lit de sa rivière, Quelle aimable gageure que celle de ce galet qui pour tout passe-temps, S’érode, rien qu’alité, avec sa source claire… Claire, son eau de vie, son univers, son ciel de lit, Claire, voyant aucun inconvénient à se montrer aux nues… Quelle aubaine quand tout baigne ! L’eau vive, le courant continu, Le confort douillet de cet écrin ruisselant dans ce lit accueillant, L’ivresse des profondeurs, la caresse des surfaces lisses…

Mais, si l’on se lasse, que faire de cette eau qui t’use ? Que dire de ce boulet qui fait le dos rond, Et laisse aller à vaux- l’eau ? Parfois, Claire est ombrageuse : Et charriant des tonnes de boues, Elle ensevelit ce galet rond comme une queue de poêle, Car depuis le temps qu’il la supporte, Il a fini par noyer son ennui…

Et voila qu’au milieu de tout ce tumulte, Un préposé aux communications, un enfant ou une institutrice, A la recherche de la pierre qui manque à son édifice, Arrache le galet de son lit…

10000 ans d’équilibre, pfuit, bousculés en une seconde ! Tout le bel agencement de la pierre et de l’eau, Détruit d’une main trop curieuse.

Le galet rond, se retrouve dans un palais, un jardin, Ou sur une étagère couvert de peintures diverses, Ou pire encore, dans un aquarium ! Pour une pierre bien roulée, C’est dur de se retrouver couvert de mousse… Ou coincé dans un mur à faire la conversation à des coquillages ensablés, Peut-être des Portugaises !!!

• Dans ces palais, ces galets scellés, c’est pas laid ! C’est pas laid, mais scellés, ces galets se lassent.. Et un galet lassé, hélas, ne peut danser… Ces pas laissés dans ces palais : c’est dépassé ! Cessez ces séguedilles et ces sérénades ! • Dansez pas, laissez, gars, laissez les s’éparpiller Et laissez-les, ces gars laids délassés, Sans palais et sans lacets, mais pas sensés Desceller les essais du passé… • Dans ces palais, ces galets scellés s’érodent… Aussi l’on pense qu’il faudra restaurer le mur, Sauver le bel agencement des pierres bien inclinées, La beauté du palais, c’est lié à la cohésion des galets, L’ensemble vaut de l’or,… mais un galet rien !

La restauration, le galet n’en a cure ! Le galet n’a qu’une fin : Faire le mur et se casser ! La valeur du mur n’atteint pas le galet… Solitaire, sans sa rivière, ce dit « amant » ne peut pas rester scellé … Pour retrouver sa belle, esseulé, Il finira dans le ruisseau… Ou sur le pavé… Tiens, ça me rappelle une histoire… « Toi, tu finiras sur le pavé, si ce n’est gars laid, déjà fait ! »

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