L’horreur
Je demande à des mots
D’exorciser des maux
Quand il n’y a pas de mots
Pour parler de tels maux
Comment décrire l’horreur
Pour ceux dont la terreur
La frayeur, le malheur
Devant tous ceux qui meurent
Sont les seuls sentiments.
Tout cela se ressent
Se vit, ne s’explique pas
Ne se partage pas.
Les victimes des guerres
De la faim , la misère
Des tremblements de terre
Tous ceux qui désespèrent
N’attendent pas d’abord
Des mots de réconfort
Mais de nourrir leur corps
Et d’enterrer leurs morts.
Les enfants orphelins
Qui souffrent de la faim
S’en foutent des papiers
Ce qu’ils veulent c’est manger
A leur faim et des mains
Qui se tendent enfin
Pour leur faire des caresses
Faire cesser leur détresse.
A force de prudence
On est dans l’indécence
Quand on privilégie
L’ordre face à la vie.
Pendant qu’on perd du temps
Il meurt beaucoup d’enfants
Que l’on pourrait sauver
Avec ou sans papiers.
Qu’est devenu ce monde
Qui flirte avec l’immonde
Quand il ose enfermer
Des enfants terrifiés
Après de longues jour,nées
Sur des rafiots troués.
Leurs parents espéraient
Un peu d’humanité
Et pouvoir demander
Le statut d’réfugié.
C’était vrai autrefois
Quand existait le droit
D’asile et qu’il était
A peu près respecté.
Aujourd’hui pas d’pitié
Pas d’quartier . Enfermés
Sans même avoir pû
Demander le statut
D’réfugié et l’asile
Politique. Exil
Exode, traque
Et des coups de matraque
C’est bien tout ce à quoi
Ils ont droit aujourd’hui
De la part des nantis
Tous ces pauvres humains
Traités pire que des chiens
Que l’on renvoit crever ,
Sans remords, sans regrets
Dans leur pays détruits.
Quelle horrible infamie !
Je n’ai pas de mots pour
Hurler jour après jour
Ma honte et mon chagrin
De ce monde d’assassins
Qui est devenu mien
Quel horrible destin.
Je n’aurais jamais cru
Voir un jour tout cela
On ne peut pourtant plus
Cautionner tout cela.
Que peut on encore faire ?
Tu vois, je désespère
Donnes moi des idées
Ou on va tous crever.