dimanche 25 mars 2007, par slamaterrienne
LES 343 FEMMES DES QUARTIERS
Pour parler des femmes il a fallu imaginer une journée J’ai comme l’impression que c’est un bon moyen de biaiser Relativiser leurs existences le temps d’une journée Pour mieux les enfoncer le reste de l’année Et pour parler des mamans des quartiers Pas moyen ils ont pensés à rien, les cravatés Ils les ont rangés dans la cour des oubliées Dé fois qu’elles les auraient dérangés
Ben moi je vais vous en parler, en essayant d’assurer Sans jamais rien relativiser et continuer à les respecter Tous les matins aux aurores, elles sont au garde à vous Histoire d’être la disposition de tout leurs loulous Les mains dans la semoule ou dans la lessive au choix Pas de compromis possible y a des lois
Marches ou crèves Y a jamais de trêves Ou alors elles sont brèves Il a fallu qu’elles apprennent à composer Une bonne partie de l’année Histoire de ne pas encombrer
Les greniers chargeaient d’indifférence et de mépris Elles sont là sur tous les fronts Prête à combattre les affronts A dire merde à tout ces bouffons Qui essayent de leur faire la pige Total les mecs chopent le vertige
Elles sont blindées les mères Tu peux pas leur la faire ni à l’endroit ni à l’envers Elles comprennent ce qui se passe dans la rue Mais ça les dépasse car ça pue Leurs enfants grandissent au sein des quartiers Elles essaient de prévenir Total elles finissent par guérir Ça va trop vite
Dans les années respect on touchait pas à la maman Dans les années je nique tout on oublie la maman Hé ! garçon oublie jamais qu’elle t’a donné la vie Et ça jamais tu l’oublies Tu lui imposes ta connerie Elle compose et obtient des diplômes dans l’art L’art d’adoucir l’instant Minimiser les ouragans Et favoriser les sentiments
Pour bouffer, trop souvent c’est Ramadan surprise Elles s’organisent pendant que les mecs tisent Elles mènent tous les combats avec la fierté d’un soldat Elles tiennent le monde Elles l’ont oubliés car ça gronde Faut juste leur rappeler que c’est les piliers du quartier Sans elles ce serait l’Apocalypse Alors on se lève aujourd’hui On fait du bruit, on dit ça suffit Et honneur à ces grandes dames Je dépose mes lèvres sur leurs fronts Je lève mon poing et je vous dis RESPECT Mesdames et mesdames
Véronique BEKKAR Le mercredi 7 mars 2007