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LES DUX BOUTS DE LA CHAÎNE

mardi 11 décembre 2007, par Mimie

Une fable d’aujourd’hui

Les deux bouts de la chaîne
 
C’est un vieil homme assis, fatigué, sur un banc
Il est seul , il est triste, il s’ennuie , il attend
Il se sent vulnérable, assailli par des maux
Il souffre de partout, les yeux , la tête, le dos.
 
Saleté de vieillesse se dit il en lui même
Reste t’il seulement encore quelqu’un qui m’aime ?
Tous mes amis sont morts et mes enfants m’oublient
Quant à ma pauvre femme elle est morte elle aussi.
Qu’est ce que je fais encore à trainer mes galoches
Sur cett’ maudite terre, et en plus, je suis moche.
C’est tout juste si les jeunes ne me jettent pas des pierres
Comme à un chien galeux qu’on envoie en enfer.
Tout en pensant cela le vieil homme s’aperçoit
Qu’ un jeune homme le regarde, d’un peu plus loin, là bas
Lui aussi est assis sur un banc et attend
Et le vieil homme , curieux, le regarde , un moment.
 
C’est un jeune homme ,assis, fatigué, sur un banc,
Il est seul, il est triste, il s’ennuie, il attend
Il se sent vulnérable ,assailli par des maux
Il souffre de partout, les yeux la tête , le dos.
 
Saleté de jeunesse se dit il en lui même
J’aurais tellement voulu qu’au moins , elle , elle m’aime.
Mes potes ont des copines ou bien ils se marient
Et moi je suis tout seul et je deviens aigri
Qu’est ce que je fais encore à trainer mes galoches
Sur cett’ maudite terre et en plus je suis moche
C’es tout juste si mes potes se foutent pas de ma gueule
C’est pas très étonnant que je me retrouve seul.
Tout en pensant cela le jeune homme s’aperçoit
Qu’un vieil homme le regarde, d’un peu plus loin, là bas
Lui aussi est assis sur un banc et attend
Et, le jeune homme curieux le regarde un moment.
 
IL s’aperçoivent ensemble qu’ils se lorgnent en silence
Chacun aimerait bien savoir ce que l’autre pense
Pourquoi il le regarde aussi intensément
ça fait un peu bizarre qu’on vous regarde autant.
Le vieux aimerait bien aller voir le jeune homme
Le jeune aimerait bien aller voir le vieil homme
Chacun des deux se tâte, craintifs, hésitants
Quand finalement les deux, se lèvent en même temps.
Ils s’avancent l’un vers l’autre et lorsque face à face
De près, ils se regardent, chacun trouve la trace
En l’autre de ce qu’il fût et de ce qu’il sera
Alors, d’un même accord ils se prennent par le bras
Allant d’un même pas , sur le chemin d’ la vie
Bras dessus , bras dessous comme de vieux amis

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