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La planète graisse…pour les usagers

les atteint(e)s de connerite aigü s’abstenir….

lundi 19 juin 2006, par slamaterrienne

"L’aventure, la grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour, dans le même visage. C’est le plus grand des voyages autour du monde"

Alberto Giacometti


Ce soir je vais vous parler d’une planète Où même moi j’avais trouvé ma place Pas de pouettes, que des poètes Mais de ceux qui se voilent la face Ceux qui survolent sans jamais se poser La planète graisse pour les usagers

C’est celle où tout le monde il est gros Tout le monde il est malade Ben non les autres ils disent que tout le monde il est pas beau Parce que tout le monde y mange pas de salade

On dit là bas que la salade est un purgatif On dit aussi que les pâtes et le chocolat sont des anti dépresseurs Moi j’dis que la salade te rend dépressif Et que le chocolat te met du baume au cœur

Bon il a fallu que j’revois mon texte Car finalement une fois que t’as les pieds dedans Tu t’habitues, tu t’installes, tu roucoules, t’as les boules Et t’es à cran

Ben faut dire, que t’es mal Mais tu dis rien, tu manges T’as pas la dalle Mais les problèmes se font la malle Tu bouffes, tu grignotes, tu chipotes Histoire de te remplir Pour ne plus souffrir

Voilà, après toutes ces réflexions Et bien d’autres encore Je met le dernier maillon Et je change le décor

Mardi 4 janvier 2001, la st Typhon Jour de la grande évasion Une belle leçon

J’ai fait le rêve de rencontrer le prince charmant Chevauchant un beau cheval blanc Qui me passerait la bague au doigt Mais Pour finir, ce jour là

Même pas un dromadaire à l’horizon Juste un p‘tit mec mignon Vêtu d’une blouse blanche Sans manches Qui me passe une bague à l’estomac Et pourquoi pas

Faut dire que j’ai provoqué l’instant Même pas spontané le moment Maintenant va falloir gérer l’engagement Pas le choix c’est payant

Samedi 12 Mars 2005, dix heure moins le quart Je prend l’ascenseur, sans provoquer de surcharge Le p’tit mec mignon Se saisit de ses lorgnons Et me dit en souriant Comme si il était temps
 « On monte sur la balance ».

Comme si on a allé monter dessus à deux Y m’avait prise pour une bleue J’ai rétréci, j’ai franchi le seuil J’ai pas encore fait le deuil

Là c’est le salaire de la peur Humide de sueur Je m’approche Pas les mains dans les poches

Je met tout mon poids sur cette petite chose Qui va m’affiché sa prose Cette douce information qui s’affiche en rose Putain elle affiche 70 kgs Oh ! mssiou le doc, elle délire ta balance Elle a pris de l’avance

Elle maîtrise Elle veut que je lui fasse la bise Elle disait juste Que je venais de perdre 69 kgs Car quelques années plus tôt J’en pesais le double On parie dix roubles

69 kgs de conneries c’est pas rien Ça crée des liens

Je peux enfin prendre un bus Sans provoquer une apnée collective Quand je susurre à qui veut bien l’entendre
 « puis je m’asseoir à côté de vous ».

Je vais enfin me faire un mac do assise Ben oui les ricains vissent leurs chaises au sol Pas de bol Essai de te faufiler entre la chaise et la table Lamentable, pas gérable

Je vais enfin voir un film au cinéma Mais pas sur les marches d’escaliers Les fauteuils me tendent les bras Et je prend mon pied

Je vais enfin monter à l’arrière d’une voiture C’est toujours là qu’il y a de l’ambiance Sans être traitée en chien de faïence Et sans la moindre différence

Je vais enfin soulager mon vélo Il en avait plein le dos Et changer de selle Elle faisait trop de zelle

Je vais enfin boire un verre à la terrasse d’un café Sans que la chaise ne décide de s’accrocher Pour ne plus le lâcher A ce postérieure avantageux Et déclencher des commentaires à qui mieux mieux

Mais je peux vous dire que ce feu qui est à l’intérieure Ne s’est pas éteint Et ne s’éteindra jamais

J’ai juste changé mon apparence, ma corpulence La couleur de mes cheveux Pas la couleur de mes yeux Et encore moins ce qu’ils veulent vous dire

Tout ça pour ça Ok ! être gros c’est chaud pour la santé Mais un gros ça n’oublie jamais d’aimer Et surtout quand tu le regardes Que tu le juges et le condamnes

Si avant toi Il n’avait jamais eu l’impression d’être une merde C’est chose faîte Alors pense à l’inviter pour faire la fête

Laisse tranquille ton nombril Ai l’air un peu moins bête Et ne te découvre pas d’un fil Ça c’était pour la rime Faut faire dans le subtil Et éviter de se faire des films

Le dernier métro c’est pour te rendre au boulot La dernière chance C’est à toi de mener la danse

Mission accomplie La diététique a sévit La raison a suivi Le résultat est acquis Pour la petite histoire Et ne plus brasser du noir La balance affiche désormais Un chiffre confirmé 58 kilos Et n’oublions pas de préciser Que quelques années plus tôt Elle affichait 140 kilos Adieu à l’obésité Bienvenue à la légèreté Une harmonie bien méritée

Véronique Bekkar ( mars 2005) petite rectif (juin 2006)

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