mercredi 19 novembre 2008, par L’ami Zantrop
Au terme d’un très bon repas, je suis allé prendre l’air
Le soleil n’était pas trop haut, mais le ciel était assez clair
Pour pouvoir reconnaitre que le gazouillis entendu
Ne venait pas d’un robinet ni d’un WC mais d’un ru
Je me suis couché dans l’herbe, mais pas pour écouter Le vent qui voulait chanter
Je me suis couché dans l’herbe, plutôt pour digérer.
Tout en laissant mon estomac savourait ce que j’avais mangé
Je me laissais envouter par une douce mélopée
Qui venait de je ne sais où et allait un peu plus loin
C’est ainsi que sans le vouloir je me retrouvais dans un train
Si je m’étais couché dans l’herbe, ce n’était pas pour écouter ce vent qui chantait
Si je m’étais couché dans l’herbe, c’était plutôt pour digérer
Je descendis dans une gare de renommée assez mondiale
Où lorsque je suis arrivé, on m’ a demandé mes papiers
Je leur ai dit que j’étudiais et que je savais aussi chanter
Je n’étais pas assez rentable, ils m’ont renvoyé au diable
Si je m’étais couché dans l’herbe, ce n’était pas pour Que le vent me fasse voyager
Si je m’étais couché dans l’herbe, c’était plutôt pour Me reposer
C’est dans une ville aux traits austères que c’était perdu mon chemin
J’ai vu des gens qui s’affairaient comme s’ils étaient exploités
Quand ils m’ont vu les observer, ils m’ont demandé mes idées
Je leur répondis liberté, ils m’ont reconduit dans le train
Si je m’étais allongé dans l’herbe, ce n’était pas pour Que le vent me fasse voyager
Si je m’étais allongé dans l’herbe, c’était plutôt pour Roupiller
Je suis passé par un pays qui n’avait rien de remarquable
Les gens semblaient assez heureux, Faut dire que c’était des notables
Au milieu d’eux je fus dénoncé, Ils m’ont demandé où j’étais né ?
La réponse ils n’ont pas aimé, et ils m’ont raccompagné.
Je m’étais allongé dans l’herbe, mais pas pour Écouter ce vent qui voulait chanter
Je m’étais allongé dans l’herbe plutôt pour divaguer
J’ai atterris dans un pat’lin dont l’histoire était très banale
Avec ses monuments aux morts et son usine familiale
Quelques conseillers ombrageux, faisant leurs p’tites commissions
M’ont tout de suite condamné devant mes remises en question.
Si je m’étais allongé dans l’herbe, ce n’était pas pour Ecouter le vent qui ronflait,
Si je m’étais allongé dans l’herbe, c’était surtout pour un peu souffler
C’est en flânant sur mon chemin que j’ai pu les rencontrer
Tous ces gens de pays divers dont je vous ai fait le portrait
Si vous vous êtes reconnu, sur’ment que je vous ai déplu
Ce n’était pas mon intention, et puis d’ailleurs j’étais repu
Je m’étais allongé dans l’herbe, mais sur’ment pas pour écouter le vent qui chantait
Car ce salaud a fait pleuvoir pour mettre fin à mon histoire !