Poesie
Poésie - Slam

Accueil du site > Les Poètes > L’ami zantrop > Le pied à coulisse et le phacochère

Le pied à coulisse et le phacochère

samedi 27 juin 2009, par L’ami Zantrop


Sur une servante, trônant sur le dessus Un pied à coulisse reposait mollement

Bien calé dans son écrin de mousse P.U. Sans soucis du lendemain, attendant tristement.

A quelques milliers de kilomètres de là Un phacochère, après l’orgie de cancrelats

Sans soucis du lendemain, bullait comme un fainéant Bien calé sur son lit de mousse, tout en pétant.

Faut-il avoir l’esprit (bien) tordu, Pour imaginer un (seul) instant L’hypothétique histoire du Lien entre ces deux qui se tend

La servante se trouvait être en attente D’un vol sur l’Afrique, en service commandé.

Quand dans la soute, elle fut introduite Elle n’eut aucune idée de ce qui se tramait.

Tapit, sans lit, là, miné, dans la pénombre Un beau jeune homme noir, essoufflé, se cachait

Et n’avait aucune idée de se qui l’attendait… Tandis que l’avion s’arrachait de son ombre,

Le long vol des espoirs planait dans la carlingue Par le doute assailli l’homme se pris pour un dingue !

D’esprit d’à propos, par trop privé, sans doute Le pied ne sentit rien du périple à 10 milles

Tout au plus une légère sensation de froid. Notre clandestin, cependant, on s’en doute

Ne sentant plus ses pieds, compris qu’il s’était mis le

Doigt dans l’œil : profondément gelé et souffrait.

Les lois de la nature sont faites ainsi que le passager sans destin soudain fut pris

D’une envie pressante, il faut qu’il se soulage ! Ce qui par moins quinze et au bout de six heures

Semble raisonnable pour les gens de son age, le conduisit vers le vigile qui sans heurts,

Menotta ses poignets à la desserte à outils Tous deux finirent le vol, ainsi attachés

Dans un silence dénué de sympathie L’atterrissage mit fin à leur union glacée.

Ce qu’il advint du beau passager clandestin ? Ne me demandez pas ça, j’ai beau jeu de dire que c’est une autre histoire,

J’ai assez à faire avec mon présentoir ! Qu’un autochtone déplaçât Afin de dégager la piste, le lendemain.

Pendant ce temps, le quasimodo de la brousse N’en faisait pas tout un fromage, et de sa mousse s’extirpant Après avoir fait bonne chère, (divaguait et) s’ennuyait ferme peuchère !

Par bonheur, un touriste dans ce trou se perdit, Mieux encore : l’essieu de son engin, il rompit,

Le meccano du coin, de l’aubaine averti A l’heure de la sieste, tout d’abord se dit : « Je m’en bats l’haine »

Puis un peu mieux réveillé, il réfléchit : « Voilà une belle occasion que d’essayer

Ma nouvelle acquisition mécanicienne ! » : Une superbe servante, bien équipée Sans plus attendre il enfila sa capote, Avec entrain, dans la savane il s’enfonçât

Afin de dépanner le touriste inconscient. Bosser sous le déluge, il faut que ça dépote !

A résoudre le problème aussi notre homme se défonçât

On le vit mesurant, limant, frappant, sciant Jouant de tous ses instruments tel un jongleur Jusqu’à ce que l’essieu magnanime tînt bon. Satisfait du devoir accompli, grand seigneur

Le meccano partît vers d’autres horizons, Non sans oublier la moitié de ses outils.

De son coté, le sanglier des savanes Avec sa queue dressée en guise de parapluie Entreprit de visiter son territoire

Sur la piste imitant les autos tamponneuses ( tout)Autour des objets, voilà qu’il se pavane

Aucun de ceux ci n’éveillent sa mémoire Sauf peut être cette pige sablonneuse…

Au petit pied à coulisse peut-on donner La moindre chance d’une rencontre idyllique ?

Entre le pas qui s’tend de la laie des sables Et le jaugeur baladé, que peut la fable ?

Imagine-t-on qu’une pige se laisse aller ? Dans les mesures, on ne rêve pas, c’est ça le hic !

Sauf que ce phacochère était une femelle Et de tout ce qui l’entoure, elle se mêle !

Troublée l’animale par l’éclat attirée Avec circonspection s’approche au pied du pied

va-t-il mesurer l’empreinte de son émoi ? S’attachera-t-il à ses flancs comme deux ronds Dans l’eau de la marécageuse baignoire remontant le long de ses poils noirs ?…

Dans sa posture de pénitente Humant l’acier qui reste quoi

Le froid métal lui fit sentir De se mêler de ses oignons :

Que nenni, que lui dit le métallique engin, mon bel acier trempé tu ne souilleras pas !

Passez par ici,( moi) je repose par là, Nul ne saurait troubler mon tragique destin

La belle à ces mots là, fut prise de panique A séduire la pige, aussi elle s’attelle

Montrant son meilleur flanc de façon qu’il … rapplique Pour prendre son pied, à genoux, s’écartèle.

C’était sans compter sur la blessure du Taon Qui noie le poisson et joue de l’arbalète

sur l’échine courbée de notre pauvre bête Sans vaines précautions s’enfonce l’aiguillon.

L’animal meurtri d’une brusque ruade, Enterre l’instrument tout en criant quel con !

C’est ainsi qu’à présent, notre pied à coulisse S’érode vainement enfouis dans la silice

Dans les abîmes obscures de son âme sont deux… Regrets : celui d’être un objet inerte

Transporté et celui de n’être point male !

L’odeur du pied à coulisse un soir pluvieux dans la savane N’a jamais fait vibrer le phacochère au cou poilu.

Il est vain de penser qu’à tout évènement Un rapport existe : Telle cause tel effet :

C’est un conte de fées ! Souvent la cécité illustre nos pensées et nos raisonnements.

Sous le vent lassée, que peut notre verrat ?

Afin de ne pas trop rester sur cette faim,

Même si cette fable ne parle que de broutilles

On peut se régaler d’un cochon aux lentilles

Et d’épier les coulisses, moquons nous, enfin

Il faut qu’on en finisse, et qui vivra, verrat.

Répondre à cet article




Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | Création :A.Ouvrard | Quizz en ligne