Marches ou crèves
Cette phrase qui consiste à dire ‘Marches ou crèves’ Dans ma vie Elle a pris tout son sens Premier contact avec la terre Une bonne claque sur le derrière Belle entrée en matière Faut dire que ça les soulage déjà De te mettre au pas Ils attendent tes pleurs Qui sont censés rassurer leurs peurs Alors tu pleures Ils crient hourra ! Me prennent dans leurs bras Pour la dernière fois Me pose dans un lit Lieu du sans soucis Elle brille comme une pépite Elle va bien la petite Pas pour longtemps Très vite le mauvais temps Va l’entraîner vers les tourments Vers les tournantes Elle tente de prendre la tangente Ils l’attendront au tournant Pour lui rappeler la direction du vent Elle déclenchera des ouragans Quand la rage sonnera présente Sa vie prendra des allures décadentes Elle se glissera dans la fente Celle qu’elle avait aperçu Au fond de ce tunnel qui pue Ce tunnel qui tue Il m’a fait perdre la vue
J’entends sans cesse Un truc qui me stresse Accroche un sourire à ta face Oh ! y en a pour qui y a rien à faire Tu peux tenter y a pas de place Faut dire qu’une bonne claque Alors que tu dis bonjour à la vie Ça refroidit
On va parler des baffes Celles qu’on oublie jamais J’ai d’abord essayé de crever J’ai pas réussi Il m ’a fallut apprendre à marcher J’avais pas envie Ça me faisait flipper Pas envie de bouger Pourtant il fallait avancer
Et pour cela il m’a fallut marcher Me courber pour ramasser Ce que j’avais semé Apprendre à dire merde Aux enculés Histoire qu’ils perdent Un moment la notion de fierté Celle qu’ils se sont appropriés Et non celle qui leur était réservée J’ai acheté des bretelles Je perdais mon froc J’ai choisi des dentelles Avant de me jeter un boc J’ai regardé l’horizon Une montée de frisson Putain elle m’a l’air longue la route Eux ils s’en foutent Pourtant de temps à autre Au milieu de quelques apôtres Je regarde là haut Et je me dis que ça doit être beau Et comme un aimant je me sens attirée Vers cet inconnu Le paradis Ces inconnus Les paradis perdus Mes pas se font de plus en plus pressants Alors j’en oublie l’altitude J’ai peur d’en prendre l’habitude Pour éviter le pire Je me suis mise à dire J’ai appris à rire Je m’oblige à écrire Et j’apprends à lire Aujourd’hui plus que quelques soupirs Je ne regarde plus en arrière Ca mettrait des barrières Au présent, au futur, a tout les temps J’ai trouvé le bon moment Pour poser ma prose Pour vous envoyer une dose Pour prendre la mienne Pour partager la sienne Pour écouter la tienne J’ai ouvert les persiennes Et enfin, j’aime
Véronique BEKKAR (avril 2005)