MELANCOLIE
L’orfèvre a ciselé son tout dernier bijou
Il y a travaillé jour et nuit comme un fou
C’est une pure merveille, il devrait être heureux
Mais, au lieu de cela, il est très malheureux.
Ses mains n’obéissent plus et tremblent tout le temps
Il voit de moins en moins, rate son coup souvent,
Pour lui, c’en est fini , il doit arrêter tout,
L’orfèvre a ciselé son tout dernier bijou.
Le virtuose termine son tout dernier concert,
La foule est sous le charme car il sait si bien faire
Chanter son violon que ça remue les âmes.
Personne ne remarque que pour lui, c’est un drame.
Ses doigts sont devenus si gourds avec le temps
Qu’il n’est jamais certain de terminer avant
D’échapper son instrument qu’il ne sent plus guère
Le virtuose termine son tout dernier concert.
Le trapéziste a terminé son numéro
Pour lui, c’en est fini, adieu le chapiteau
Il sait qu’il n’est plus fiable et qu’il doit arrêter
Sinon son partenaire finira écrasé
Ses mains n’ont plus la force de le retenir
Il faut quitter la piste , et avec le sourire,
Faire un dernier salut à tout le chapiteau
Le trapéziste a terminé son numéro.
Le boxeur a fini son tout dernier combat
Il sait que c’est fini, sonné par un coup bas
Envoyé au plexus, il ne peut plus lutter
Il est KO, à terre , et cherche à respirer.
C’est le combat de trop qu’il n’aurait pas du faire
On le disait fini mais toujours on espère
Que ce sont des ragots et qu’on y arrivera
Le boxeur a fini son tout dernier combat.
Le malade est enfin sans souffrance et en paix
Il est serein, tranquille, la lutte est terminée.
Dieu sait qu’il s’est battu pour cette chienne de vie
Maintenant ; c’est fini , il n’en a plus envie.
Il préfère le repos accueillant de la mort
Aux souffrances incessantes qu’endurait son corps.
Il s’en va vers ailleurs , sans peur et sans regrets
Le malade est enfin sans souffrance et en paix.