Tous bien seuls, dans un coin, ferme ta gueule, pas drôle, taper la discut’, prendre une claque, que dis-je ?! frôler la déchirure cardiaque, à chaque mot, la guerre, la guerre des frères, celle des commères, bien amer, le plat quotidien, bouffé dans un coin, dans un noir, profond, comme ce café fumant, puant, tout seul, à boire la tasse, pas dans son assiette, c’est sûr, à côté d’la plaque, à coup sûr, morbide, les regards, les cafards grouillant sous les crânes, blafards, dans un coin, bien sûr… bordel de cul, à vivre dans mon coin, ne pourrais-je pas croiser ton coin ? S’il faut tourner des pages, déchirer des feuilles, pourquoi pas, faisons correspondre nos petits coins, bien pourris, mais tant pis, je veux te connaître, qui sait ? avec des coins, on pourrait dessiner la lune, qui sait ? j’aimerais ton coin, autant que le mien, qui sait ? tu veux une réponse ?… pas grand monde ! chacun dans son coin, alors on y reste, ou on décoince, on déconstipe, laisse tomber les conneries genre "il est con c’type !", parce qu’on a assez mal, on peut passer à autre chose, sourire à l’abeille, qui ce 23 février, sort le bout de son nez, lui dire qu’elle est belle, qu’elle fait vivre les rats comme moi, oui, il faut se forcer, décoincer, déconstiper, sourire aux abeilles, et à ceux qui nous diront gentiment : pauvre mongolien, cesse de sourire aux abeilles… il le faut, pour toi, qui est seule, ce soir, avec tes insomnies, et pour les autres, et leurs insomnies, pour nous, il faut chercher la vie, la vie, la vie, la vie, qui se cache dans un coin…
Ananar.
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