vendredi 1er décembre 2006, par fred dubonnet
Je te sens dans mes veines
Je te sens dans mon sang
Je te sens en moi
Tu accompagnes mes silences avec l’écho de tes pas
Et je n’entends que toi
J’ai l’impression que tu ne sais pa s où tu vas ?
Je ne peux pas te suivre dans toutes les directions.
Depuis le temps, tu aurais pu apprendre à te connaître
Tu aurais pu comprendre tes défauts,
Maîtriser tes qualités
Et marché humblement sur le fil de l’amour
Mais non, Madame,
On est tous des moutons
On suit le troupeau, bêtement
Le troupeau suit un berger,
Il commande parce qu’il s’ennuie,
Parce qu’il a peur de ne pas exister
Il cherche à s’étendre, il veut du pouvoir,
Il nous parle d’argent
Alors que personne n’en a
Tout le monde court après.
C’est le seul projet commun, pour l’instant.
Il nous dirige pour nous tondre la peau
C’est comme cela qu’il gagne sa vie, pour l’instant.
Alors qu’à l’instant où je te parle
Une goutte de sueur coule entre deux seins
Caresse un bassin
Parce qu’un homme et une femme
S’aiment d’amour
Avec du sexe, bien entendu
Mais des sentiments évidemment
Madame,
Ne nous en veut pas
Ce n’est pas qu’on ne t’aime pas,
Nous n’avons pas de temps à te consacrer
Nous sommes submergés par la vie.
C’est parfois difficile d’être un Homme
Il faut travailler, se ruiner le dos
Pour une misère d’euro
Il faut réussir ses histoires
Ses relations avec les autres
Notre corps est bouleversé
Par des raz-de-marée d’émotion
Et puis y a l’ego qui frappe à la porte
Et moi et moi
Ma prison c’est ma tête, je me fais du cinéma
C’est moi qui me limite, c’est moi qui m’empêche
J’entends les loups qui s’approchent du troupeau
J’ai peur, j’ai le stylo, je les dessine
Madame, je sais qu’en moi souffle le vent de la colère,
L’orage de la peur, la tempête de la vengeance,
Je sais la bêtise, et les méfaits de l’ignorance.
Je les pratique régulièrement
Madame
Je ne suis pas prêt mais j’y crois encore, j’y crois
Madame, j’ai des mots pour toi plein la tête,
Madame
J’ai peur, j’ai peur du manque d’amour
Alors je crie que je veux de l’amour
Donne-moi de l’amour, j’en veux, j’en veux
Et plus y en a et plus je me sens bien
T’en veux, tiens je t’en offre
Donnez-vous de l’amour
Nous allons apprendre à nous aimer.
Je souhaiterais tellement entendre les hommes
Et les femmes, bien entendu,
Hurler toute la nuit à la lune ahou
Et maintenant que j’ai dit ça
Qu’est-ce que cela va changer ? Rien du tout
Combien d’hommes se sont exprimés avant moi,
Des milliers et de très grande qualité
Après moi des centaines de wagons, bien meilleur
Madame
Tout est clair, tout est là, tout a été dit, pour toi
Tout a été écrit,
Et n’a été entendu
Le troupeau a les oreilles bouchées
Sinon, nous n’en serions pas là
Nous serions plus proche de toi
Alors tant pis, j’en remets une couche avec la bouche
Traite- moi de fou,
De prêcheur, de dictateur
Tires-moi un gros coup de pied dans le cul,
Si cela peut te faire plaisir, rien ne m’arrêtera,
Je me bats pour l’amour et les arts
La poésie et la musique
L’amour de faire de son art une vie
L’amour de faire de sa vie un art
L’amour de vivre de l’art
L’art de vivre par amour
Est ce que je fais de l’art ?
Je n’en sais rien, je m’en amuse.
Je plante, un décor, des caméras, une muse
Pour les plus beaux plans de cinéma
Ceux qui délimite la forme de mes barreaux
Ma prison c’est ma tête,
Mais je suis mon geôlier
J’ai la clef qui ouvre ma réalité
A quelque chose de plus beau.