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Montre leur le chemin…

samedi 22 juillet 2006, par slamaterrienne


On est content de le voir mais on le croise pas souvent On le cherche car souvent il fuit le vent Mais toutes les directions nous ramènent à lui Il semblait être l’essence même de la vie Il aspirait à donner un sens à ma vie Il équilibre mes relations avec l’autre Il n’arrive pas à prendre sa place auprès de certains apôtres Il a du mal à s’imposer comme une évidence Malheureusement trop souvent il y a déviance Beaucoup l’extermine, le foudroie, le banalise et l’oublie D’autre le chérisse, le vénère, l’entretienne et le préserve On ne peut pas le planquer dans un grenier Ni même le ranger dans la réserve On ne peut pas lui claquer le porte au nez Sans demander au peuple qu’il le préserve Ça signifierait que l’on ne croit plus en l’humanité On ne peut pas l’oublier à tout jamais On finirait tous à plat ventre sur le bitume En attendant patiemment qu’il nous fume Quel triste spectacle lié à notre ignorance Habillé de notre indifférence, fardé de nos déviances Poudré de nos différences, chaussé de notre intolérance Demandons lui de nous redonner naissance Accordons lui quelques bienveillances

Faudrait pouvoir le rendre indispensable Malheureusement à la récitation des fables Une interminable liste de passable Faudra décommander le marchand de sable Pour l’instant nous sommes sur des sièges éjectables Ses positions, sa solidité, ses vérités sont irrévocables Il a une fâcheuse tendance à paniquer les notables Tu sais les mecs qui ont de beaux cartables Et des cols de chemise interminables On l’entend plus quand on passe à table Ce silence qui s’impose est insupportable Il en impose c’est certain mais c’est jouable Je voudrais le présenter aux jeunes d’aujourd’hui Leur parler de tout ceux qui l’on détruit Parce que tout simplement ils n’ont pas appris Au milieu des montagnes d’ennuis et de mépris Je voudrais l’imposer aux hommes politiques Histoire qu’ils apportent quelques modifications à leurs répliques Les inviter ce dimanche à se joindre au pique nique Les présenter à celui qui ne leur fera jamais la nique Ainsi qu’à tout ces enfants de la République Je voudrais le projeter sur un écran géant Vous le présenter humblement de son vivant Regardez le il est droit devant fier comme Artaban Rendons lui hommage en le saluant, en le remerciant De nous éviter d’être con trop souvent Et de nous ramener à la raison en esquivant le vent Je voudrais le faire grimper au sommet Histoire de vivre une leçon collective de l’art d’aimer La première fois que je l’ai croisé Il portait une chemise froissé Avec un long col écrasé La deuxième fois que je l’ai croisé Il portait une jupe plissée Et une paire de pompes tressées Souvent il a des couleurs variés Quelques origines dénigrées Des odeurs que j’ai oublié Des valeurs que je partage Pour continuer à tourner les pages Je ne manque pas de lui rendre hommage En lui permettant de ne pas redescendre de son nuage Une valeur perdue que je souhaite m’approprier Pour qu’ensuite ensemble nous puissions la partager Nos administrations l’ont écrasés Les pouvoirs publics l’ont carrément bafoués Les institutions se sont vautrés sans pitié Sans jamais nous consulter pour vérifier Si son existence était confirmé Reconnu à la naissance par l’humanité A une certaine heure avancée Aucune date n’étant précisée Je valide sa capacité à nous mobiliser Les profs essaient de le transmettre Les élèves tentent de ne pas se le faire mettre Les parents ont du mal à l’admettre Pour certains ils ne peuvent plus se le permettre Veuillez vous injecter sa substance Et maîtriser quelques bienveillances Essayons de tenir ensemble le cap en cadence Les élus l’ont planqué dans leurs dossiers Les hommes l’ont effacé de leur mémoire Les femmes l’ont transformé en reboire et déboires Les enfants sont passés à côté de son histoire La France l’a condamné, elle a peur du miroir L’Europe a tenté de le mobiliser, mais elle craint le noir Le Monde essaie en vain de le conjuguer sans vouloir, sans pouvoir Et moi j’essai de vous en parler pleine d’espoir Pourquoi tant de monde dans le noir Qui crève de peur de ne plus y croire Qui flippe de voir en lui l’espoir A cause d’une bande de crevard Il choisit toujours la mauvaise gare Et saute toujours dans le mauvais train A cause de ces bandits de grands chemins Qui promettent de lui tendre la main En lui jetant au visage de la poudre de perlimpinpin Pour en finir ils le laissent crever de faim Ils pourrissent son destin, pour se faire un chemin Alors moi je lève mon poing, je le traite avec soin Lui demande de vous tendre la main, de vous montrer le chemin Histoire de construire ensemble nos lendemains

Voilà je voulais juste vous parler de celui qui accompagne ma vie, le RESPECT.

Véronique BEKKAR ( juillet 2006)

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