vendredi 29 janvier 2010, par vincent
« Avec le temps va… »
« Avec le temps va tout s’en va »,
Disait Ferré,
"Avec le temps va" l’enfance "s’en va",
J’emprunterai,
L’insouciance, l’insignifiance des choses
Et l’innocence,
Et la joie de vivre une vie à peine éclose,
Et l’on ouvre les yeux, et l’on quitte le rêve
Et commence la vie, et l’enfance s’achève,
Et l’on réalise comme l’euphorie est brève.
Mort l’enfant que j’ai été
Il y’a longtemps,
Celui qui l’a remplacé
Fait semblant.
Mort le temps des rires et des jouets,
A jamais !
"Le temps va » et fait des ravages,
Dévastateur, emporte tout sur son passage,
Eh Lafontaine,
Quand t’as dit "sur les ailes du temps la tristesse s’envole"
C’était ta combientième
De fiole ?
Parce que "le temps va » mais la tristesse s’en va pas,
Je me sens pas mieux maintenant qu’hier
alors tu sais moi les belles phrases
je les regarde un peu de travers.
Le temps va et l’innocence s’en va,
Elle est bonne à mettre à la poubelle
Sa pureté qui ne vaut plus rien,
C’est bien lorsque la raison s’en mêle
Que le savon qui est dans ses mains
Glisse et lui échappe, comme sa pudeur,
Parce que le temps les emportent comme un voleur.
"Le temps va » et nous rend salaud,
C’est qu’il doit être rancunier
Pour qu’il me garde prisonnier
Dans ces images qui m’émerveillent,
Des souvenirs d’étés si chauds,
Je ne trouverai plus le sommeil.
Le temps a passé maintenant
Et déjà je ne suis plus un enfant,
Il n’est plus là celui que j’ai été,
Qui mordait la vie à pleines dents
Et sentait le bonheur à plein nez,
Il en devenait presque énervant
De le voir tout le temps rigoler.
Cet enfant s’en est allé et j’en porte le deuil,
Accroché à son souvenir,
Je pense beaucoup à lui et je l’accueille
Pour cet instant dans ma mémoire
Car ce soir je ne peux pas dormir.
Je n’arriverais jamais à croire
Avoir déjà tant pu grandir.
Mort l’enfant que j’ai été,
Il y’a longtemps.
Celui qui l’a remplacé
Fait semblant.
Mort le temps des rires et des jouets,
A jamais.