On se trompe de combat, on est tous devenus fous
On se trompe de combat, enfin, regardons nous !
Ca devient du délire, on va devenir pire
Que des bêtes, on a même perdu le goût de rire.
Ou alors c’est un rire triste , un rire amer.
Ont ils envie de rire les enfants de la guerre ?
Ont ils envie de rire tous ces gens déplacés
Ces pauvres réfugiés que l’on renvoit crever
Parce que leur misère nous dérange, nous fait peur
On préfère ne pas voir dans quel degré d’horreur
Notre monde de gens , bien nourris, bien pensants,
A entrainé le reste , à feu et à sang
De notre humanité. Sans les pauvres, pas de riches
Alors, toute leur misère, non seulement on s’en fiche
Mais elle nous arrange bien, c’est vrai quoi, sans le mal
Comment ferait on le bien, ?C’est un triste scandale
Les vendeurs d’armement, de bons pères de famille,
Pourvoyeurs de travail, de belles armes qui brillent,
Et qui vont à la messe tous les dimanches, bien sûr,
Ont la conscience tranquille et dorment d’un sommeil dur.
On se trompe de combat, ce n’ sont pas les frontières
Que nous devons fermer, ce sont nos coeurs de pierre
Que nous devons ouvrir, pour que tout cet argent
Englouti dans les guerres qui tuent des innocents
Serve enfin à sauver notre terre meurtrie
Massacrée, polluée, tuée par les nantis.
Serait ce en augmentant sciemment la misère
Que l’on réussirait à éloigner les guerres ?
Quand on prétend lutter contre le terrorisme
En mettant face face des tonnes de fanatismes
Des tonnes de préjugés , des montagnes de peur
Savamment cultivées, pour entrainer l’ardeur
Guerrière des prolétaires enrolés dans des guerres
Qui profitent surtout aux riches propriétaires.
Depuis quand les barrières arrêtent elles les flots ?
Les tempêtes humaines aussi bien que les eaux
Ne seront pas stoppées par ces murs ridicules
La pieuvre de la haine avec ses tentacules
Saura broyer ces murs et étouffer les cris
Que poussera cette fois la foule des nantis.
Et les perdants d’hier, deviendront aujourd’hui
De nouveaux écraseurs, sans épargner les vies
De leurs anciens bourreaux, les empêcheurs de vivre.
Ils s’en délivreront et s’installeront, ivres
De bonheur d’avoir pu assouvir leur vengeance
Dans les pays détruits des anciennes puissances.
On se trompe de combat, si l’on croit s’en tirer
A bon compte , en laissant juste les autres crever.
On ferme les frontières de l’Europe, de partout
A tous ceux qui sont pauvres et qui n’ont pas le sou.
Si l’on croit se sauver ainsi , on a tout faux
Rien n’arrête les hordes de desperados.
Puisqu’ils n’ont rien à perdre, ils ne peuvent que gagner
Là où on a si peur que not’ confort douillet
Ne soit mis en péril par tous ces hors la loi.
On a quand même le droit d’être entre soi chez soi.
On se trompe de combat, il est grand temps de le voir
Si on ne veut pas écrire les derniers mots de l’histoire
D’une pauvre planète, que l’on dit être bleue
Qui l’est surtout de peur , et qui, elle , ne peut
Que subir les outrages qu’on lui fait tous les jours
A coup de pollutions et de roulements de tambours.
Allez, sonnez clairons, sonnez donc la retraite
C’est la déroute humaine, c’est la fin, la défaite.