OUI MAIS
C’est un endroit banal sans rien d’exceptionnel
Juste la mer , le sable, les rochers et le ciel,
Des oiseaux migrateurs, des algues , des coquillages
Un simple bord de mer, une très jolie plage.
Oui , mais cet endroit là, c’est mon Eden à moi,
Il me parle, il m’apaise , j’y ressens de la joie
Devant tant de beauté , simple mais indéniable
Tant de temps sont inscrits dans chaque grain de sable.
Ce sont des millénaires que je contemple alors,
C’est la vie qui renait chaque jour de la mort.
Une vague se meurt , une autre ressurgit,
L’eau avale la plage mais la recrache aussi
La lune a décidé des marées et jamais
Le spectacle n’est le même et l’on pourrait rester
Des heures au même endroit sans jamais s’ennuyer.
C’est mieux qu’au cinéma, ça c’est la vie, la vraie.
Ici , je peux sentir des odeurs à foison
J’y ai toute mon enfance, une petite maison
J’y ai des souvenirs, des mauvais et des bons,
J’y ai mon avenir , j’y ai mon horizon.
C’était une maison , sans rien d’exceptionnel
Sans une once de confort, elle n’était même pas belle,
Ni chauffage , ni salle d’eau, pas même l’eau courante
Une espèce de masure, et qui plus est , branlante.
Oui , mais cette maison, c’était mon paradis
Le seul endroit au monde , où, quand j’étais petit
J’ai connu la douceur de l’amour de ma vie
Celle qui m’a tant aimé, qui m’a donné sa vie.
Ce sont des millénaires d’amour qu’elle me donnait
Ma très chère mémé, celle qui m’a élévé
Me protégeant ainsi de la folie d’une mère
Me protégeant aussi de la faiblesse d’un père.
Dans cette humble demeure, je savourais la paix
C’était un pur bonheur, être vraiment aimé
Sans reproches incessants , sans menaces mortelles
Pour elle, pour ma mémé, moi j’étais la plus belle.
Là ,je pouvais sentir la force de l’amour
Peu m’importait le lieu, et c’est pourquoi , toujours
Cette pauvre maison qui ne m’appartient plus
Restera ma maison , restera mon salut.