On est tous là à pendre notre fierté sur un site,
Tous ici à prendre la plume comme des guerriers,
Chevaliers contemporains, une force nous incite,
Un souffle de courage que vous pleuriez ou riiez.
Je parle d’un magnétisme bien plus fort que tout,
Qui passe aux travers de la volonté et du temps,
Une expiration du cœur qui se fait faiblesse et atout,
A la fois ange et démon, amour et haine, un mutant.
C’est l’espace infime entre la mine du stylo et la feuille,
L’espace d’un instant où l’envie s’incline face au besoin,
Ce moment incurable où l’âme décide de faire son deuil,
Peu importe l’heure du jour ou de la nuit, on écrit avec soin.
Moi c’est assis en autarcie que ceci s’est saisi de la tâche,
L’inspiration est ainsi, elle nous scie l’envie en six et à la hache,
Je ne voulais en parler mais si je suis ici c’est qu’elle réussit, la lâche !
J’ai pourtant prié pour qu’elle n’insiste aussi fort sans qu’elle se fâche.
J’ai comme un arrière gout de poésie amère qui me blesse,
Des images brutales pleins la tête que j’appose à la lettre,
Une main perverse se balade là où elle ne devrait être,
Et ce sourire rassurant du praticien dont les gestes ne cessent.
Est-ce un rêve ? Pénible émergence d’une anesthésie totale,
Amnésie générale et pourtant, ce souvenir d’une perte d’intimité,
Est-ce normale ? Qu’en sais-je ? Des manipulations médicales ?
Je me rendors et décide de ne jamais en parler, naïveté ou timidité ?