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Une mauvaise plaisanterie

lundi 24 novembre 2008, par L’ami Zantrop


Un 27 novembre, m’est arrivée une tuile,

Que j’suis pas prêt d’oublier,

En effet ce soir là, mon père faisait de l’huile

Tandis que ma mère travaillait.

C’est par une bourrade bien placée dans le dos

Que je fus réveillé.

Suspendu dans les airs, Je ne sais pas trop si

J’appréciais la plaisanterie.

Comme j’étais beau joueur,

Je n’eus pas trop d’rancœur,

Ni beaucoup trop de choix.

Mon cœur se mit à battre,

Afin de satisfaire,

A tous les vœux les plus chers .

Dans cette période là, les français s’ingéniaient A s’faire tuer en Indochine.

Ils se croyaient malins, comme des singes et niaient, La victoire des Viet Mint.

Quelques verses plus loin, ces chers américains Qui se battaient en Corée,

Trouvèrent opportun d’en arrêter les frais Et de signer l’armistice.

Pour chasser leurs sorcières, McCarthy parvenait A fair’ griller les Rosenberg,

Sans même qu’Eisenhower, malgré Dieu à ses cotés, N’envisageât une grâce.

Dans la grande Russie, les camarades pleuraient La mort de leur père Staline.

Pour le remercier, tous ses scientifiques Firent une bombe atomique.

Dans la France, Auriol s’apprêtait à passer Son siège à René Coty.

De Gaulle préférant, pour l’instant, rester seul, Tout en attendant Godot.

Craignant pour ses vacances, revoir M. Hullot, Hillary gagnait l’Everest,

Tandis qu’sa nouvelle reine, Se faisait couronner, du haut de ses 25 ans.

A cette époque là, il y eut bien sûr des grèves, Les français ne changent pas,

Et tous les fonctionnaires, après mûr examen, Jugeaient qu’on les payait guère.

A Paris on parlait d’un tout nouveau chanteur, De Piaf l’accompagnateur,

Et d’un certain Bécaud qui pour la première fois,

Donnait « ses mains » à l’Olympia.

Django trop tôt parti, Du manoir de ses rêves, N’a pas vu naître Francis.

Mais, dans notre mémoire, sa guitare est restée Un passeport pour les nuages.

Comme ses amoureux, Brassens n’a pas loupé Son rendez-vous avec vous,

Ni le beau maître Jacques qui enrhumait Louison, Dans le grand Prix des Nations.

Et bien cette année là, Pour la première fois,

Sans vraiment savoir pourquoi,

J’ai dû ouvrir les yeux sur un monde curieux

Et à la fois un peu flou.

Pourquoi depuis ce temps,

Est-il devenu plus fou,

Sans pour autant être mieux ?

J’ai dû avoir grandi,

J’étais bien mieux, je crois,

En mil’neuf cent …_ _ _ …

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