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à demeure

mercredi 17 octobre 2007, par andrée alias B2G


à demeure

les bottes de paille

sont des murs éphémères

ça compte pour du beurre

ça ne paye pas de mine

juste la sueur qui trempe

l’énergie qui moissonne

les bras qui font le lien

et les hue et les dia

des charrettes en choeur

les lits des infortunes

et les bains de jouvence

parois chargées de foin

de nos tours de babel

cylindres dans les champs

comme rouleaux de printemps

viens voir les coquelicots

teintant le jaune paille

les bleuets des épis

aérant l’atmosphère

j’entends les escalades

des enfants de la terre

les jeux de la cachette

dans le fin fond des grottes

je compte les étages

il n’y a pas de ciel

tout en haut de mes tours

les meurtrières pour rire

pour cracher les noyaux

de pêche ou d’abricot

c’est toi qui va compter

tout le reste du temps

l’ère d’amour de toujours

dans les bottes coussins

plonge à corps perdu

dans les granges odorantes

fais naître la récolte

au creux de la nature

aux senteurs de tisane

breuvages pour guérir

herbe sèche bois taillé

et les jeux de bûchettes

les trésors haut-perchés

le tas de sable blanc

la montagne de sucre

et les dunes de sel

comme cendre de feu

la lumière parchemin

au travers du rideau

les longues chevelures

des pleureuses sanguines

ruissellement de lune

ou volutes de l’ambre

ou flammes renaissantes

comme une lampe rousse

veilleuse de nos nuits

l’écran de cinéma

fait le jeu des lueurs

seule au centre du cercle

spectacle du souvenir

j’entends une voix chaude

qui décompte le temps

pour savoir comment faire

M c’est pour les mères

O c’est une offrande

R c’est rituel

T c’est pour longtemps

V c’est un visage

I c’est l’innocence

E c’est un enfant

bienvenue à demeure

dans la maison de paille

celle des plus fragiles

lequel de nos petits cochons

sur le seuil de la porte

le loup a désormais

renoncé à la lutte

il aime les comptines

comme un gardien du temple

je compte les paroles

glissées aux interstices

meurtrières comme niches

où cacher tous les mots

comme des ailes au vent

paroles de papillons

inscrites à nos cloisons

il n’y a plus d’aiguille

dans les bottes de foin

seuls les graffitis

les murmures et les souffles

les traces de nos doigts

comme rondes éphémères

répétées comme un signe

le rideau de tissu

tombe comme la voile

post-it géant qui affiche

nos mémoires à volo

la forteresse à l’eau

est ventre de baleine

elle est fétu de paille

au grès de nos mirages

au vu des sanctuaires

plantés en ribambelles

des cairns des anneaux

autels frontons de mers

des chemins de cailloux

fais seul les premiers pas

au long du grand couloir

la rondeur de la voûte

est une offrande chaude

un bon bain d’eau salée

ça compte pour du beurre

comme le lait des vaches

baignant notre intérieur

ça ne paye pas de mine

ça vaut tout l’or du monde

voilà l’abri de rêve

la hutte en terre d’argile

les structures archétypes

comme celles des demeures

bâties par les artistes

de grands enfants sans âge

famille d’étienne-martin

ou d’autres à venir

image de termitière

ou nid en haut des branches

terrier tressé de feuilles

ou parois troglodytes

buildings inextricables

ou monceaux de cartons

viens dire dans ce lieu

les mots du bout des langues

prends le risque enfantin

de la curiosité

dans la nuit sans étoiles

fais vivre les lucioles

du souffle qu’il te reste

bâtis en me parlant

ma nouvelle demeure

andrée alias B2G ou andrée wizem

http://andree.wizem.over-blog.com/

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