J’avais envie d’être un parolier, un mec sans chaine,
Je n’parle pas d’un parodier, du mec sans gène,
Non, moi je me voyais comme un prophète,
Qui respire la poésie d’un souffle humble en faite,
Écrire des mots qui cognent sans blesser,
C’est ça le slam sans vergogne et puis c’est
Un peu mérité d’ma part que de vouloir être grand,
De l’enfance j’ai franchi les remparts non sans peur, pour être franc,
Je me voyais bien dans le midi, face à ma feuille, crayon en main,
Le soleil souriant comme un ami accueilli sur le seuil d’un frangin,
J’avais envie de poser ma signature un peu partout sur mes vers,
De donner le sourire à tout le monde, même à la plus triste des mégères,
Je fermais les yeux et me voyais sur une plage,
A lancer des mots vers les cieux comme le font les gens sages,
Peut-être que j’ai voulu aller trop vite sur le chemin de la vie,
J’ai dû rater la bonne sortie, j’ai dû aller trop loin à mon avis,
Mais je ne vais pas me plaindre, ce que je vis est encore mieux,
Ils ont cru que j’allais gindre et devenir comme eux,
D’accord je ne suis pas au soleil à écrire de la poésie à l’huile d’olive,
Mais j’ai l’uniforme couleur merveille et passe mes journées à penser aux livres,
Si au détour d’une rue tu m’aperçois, n’est pas peur, je réfléchis en rimes,
Souffle un peu, prend sur toi, j’ai du cœur, même si je vis de crimes,
Toujours en beauté de cœur et d’aspect, je porte la casquette de voyou,
Je ne vois qu’en poésie le respect, et sème de l’amour comme des cailloux,
Tu ne me verras jamais danser dans la rue ni habiller différemment,
Tu ne me verras pas chez Delarue à parler d’amour et d’arrangement,
Pour moi le deux-tons est une contine, le gyro a la couleur de l’espoir,
Je mange même à la cantine car je vois de la poésie sur la peau ridée des poires,
J’avais envie d’être poète ou quelque chose comme ça,
Je me retrouve en casquette et rangers … et j’aime ça.