vendredi 23 juin 2006, par andrée alias B2G
les signes
au cœur d’une nuit noire
un cygne fait une halte
sur épines et broussailles
blancheur et noirceur
plumes et branchages
fatigué d’un long vol
il allonge son cou
sera-t-il apaisé
au lever de ce jour
la lune qui se dissout
dans le lavis du ciel
atteint en chute libre
la terre qui s’enflamme
elle rampe entre les branches
et fait feu de tout bois
consumant les douleurs
réveillant les brûlures
irradiant l’espace
dispersant en feux follets
les étincelles de vie
et voilà que tu n’as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne
si la poésie vient à se mêler
à l’entreprise de terre brûlée
convoquant la lune et le soleil
pour manier le lance-flammes
où les oiseaux harassés et blessés
trouveront-ils de nouveaux élans
pour leur vol éperdu et sans fin
et voilà que tu n’as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne
je ne demandais qu’une modeste halte
une parenthèse pour lisser les ailes
pour se rassurer sur l’existence du nid
quelques nuits pour adoucir le chant
pour faire variations et courbettes du cou
je ne demandais pas la lune ni même le soleil
juste un répit avant les espaces inconnus
et voilà que tu n’as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne
si les oiseaux ne peuvent plus se poser
sur les terres par toi devenues arides
j’implore la pluie et ses moussons de tomber de ce ciel
qu’elle pénètre le sable les galets la roche
que par toutes les fissures germent d’ancestrales graines
et que des arbres géants à nouveau s’élancent
se hissant aux nuages par delà tous les astres
à la cime des cieux les cygnes
feront une pause messagers de nos signes
sans jamais renoncer à leur quête infinie
mais voilà que tu n’as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne